Fixer un objectif national
En 2024, un groupe d’experts indépendants a examiné des données probantes provenant du Canada et de l’étranger afin d’établir un objectif national visant à réduire l’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques dans les soins de longue durée.
Consultez le document « Recommandations du groupe d’experts sur l’utilisation appropriée des antipsychotiques dans les soins de longue durée » pour en savoir plus sur l’élaboration de l’objectif à l’échelle nationale et de l’objectif d’amélioration annuelle.
Supporters
Organisations soutenant l’objectif national d’utilisation des antipsychotiques dans les établissements de soins de longue durée :
Votre organisation souhaite-t-elle soutenir l’objectif national ?
Inscrivez-vous maintenantAtteindre l’objectif
Les établissements de soins de longue durée qui atteignent l’objectif national seront reconnus pour leur travail exemplaire. Pour être reconnu, un établissement doit faire certifier ses données et ses résultats par la Coalition pour l’utilisation appropriée. Les critères de certification applicables aux foyers de soins de longue durée sont les suivants :
- Maintenir un taux ajusté en fonction du risque, déclaré publiquement, de 15 % ou moins pour l’indicateur Utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques en soins de longue durée, et ce, pour les deux années de déclaration les plus récentes (2023-2024 et 2024-2025).
- Obtenir un résultat satisfaisant à une vérification de la qualité des données effectuée par la Coalition pour l’utilisation appropriée. Cette vérification a pour objectif de s’assurer que les foyers utilisent des données fiables et exactes pour démontrer l’atteinte de l’objectif national.
- Remplir le court formulaire du programme national de reconnaissance. La Coalition pour l’utilisation appropriée fera parvenir le formulaire aux établissements de soins de longue durée qui satisfont aux critères 1 et 2. Elle pourra ainsi recueillir des renseignements sur les stratégies mises en œuvre afin d’atteindre et de maintenir le taux cible au sein de votre établissement. Le formulaire doit être signé par les responsables cliniques et administratifs de votre établissement de soins de longue durée.
La Coalition pour l’utilisation appropriée communiquera uniquement avec les établissements qui répondent aux deux premiers critères. Si un établissement satisfait au premier critère, mais n’a pas été contacté, cela signifie probablement que la vérification de la qualité des données ne s’est pas révélée satisfaisante.
FAQ
Comprendre l’utilisation appropriée et inappropriée
Cible nationale du Canada
Pourquoi a-t-on choisi une cible nationale de 15 % pour le Canada?
Le taux moyen d’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques au Canada est d’environ 24,5 %, soit un taux 2,5 fois plus élevé que ce qu’on observe aux États-Unis (10 %) et supérieur à ceux de l’Australie (18 %) et de la Suède (15 %).
La cible de 15 % a été fixée par un groupe de spécialistes au terme d’un processus consensuel. Il s’agit d’un objectif clair et réalisable qui vise à encourager des pratiques de prescription plus sûres tout en conservant une certaine flexibilité pour la prise de décisions cliniques appropriées.
Pourquoi la cible n’est-elle pas de zéro?
L’indicateur rend compte de l’utilisation potentiellement inappropriée, ce qui comprend certaines utilisations non indiquées sur l’étiquette ou à court terme qui sont cliniquement justifiables. La cible de 15 % permet de faire preuve de souplesse et d’avoir une certaine marge de manœuvre pour l’utilisation réfléchie du jugement clinique dans les cas où les avantages l’emportent sur les risques.
Les taux de prescription sont-ils ajustés pour les foyers qui s’occupent de personnes aux besoins comportementaux plus complexes, par exemple la patientèle des unités comportementales spécialisées?
Oui. L’indicateur utilise l’ajustement en fonction du risque pour tenir compte des différences entre les populations résidentes et les milieux de soins, y compris les foyers dotés d’unités de soutien comportemental. Les foyers ne seront donc pas injustement comparés s’ils s’occupent de résidentes et résidents ayant des besoins plus complexes.
Que se passe-t-il si une résidente ou un résident prend déjà des antipsychotiques à son arrivée à notre foyer de SLD?
Une hausse du nombre de personnes résidentes prenant déjà des antipsychotiques au moment de leur admission en SLD a été documentée. Il s’agit d’un argument de plus en faveur de l’adoption d’une approche systémique globale pour l’utilisation appropriée des antipsychotiques qui va au-delà des SLD et s’applique dans les milieux hospitaliers et communautaires. Cela dit, les foyers de SLD continuent d’avoir un rôle important à jouer pendant le processus d’admission :
- Évaluer la pertinence du médicament;
- Discuter avec l’équipe soignante et la famille;
- Déprescrire les médicaments ou ajuster leur posologie de façon sécuritaire, au besoin.
Pour ces raisons, l’évaluation initiale des résidentes et résidents est exclue du calcul de l’indicateur.
Quelles mesures de protection sont en place pour prévenir la sous-déclaration de l’utilisation d’antipsychotiques et assurer l’exactitude des données?
L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) recueille et publie des données sur l’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques dans les foyers de SLD. L’ICIS fournit aux foyers des ressources pédagogiques et du soutien par l’intermédiaire de partenaires comme Excellence en santé Canada, y compris des webinaires pour aider le personnel à évaluer et à coder les données avec exactitude.
Les foyers présentant des taux plus faibles de recours aux antipsychotiques constatent-ils une hausse de l’utilisation d’autres médicaments psychoactifs, par exemple les benzodiazépines ou la trazodone?
À ce jour, les recherches ne montrent pas d’augmentation du recours aux benzodiazépines ou à d’autres sédatifs dans les foyers où le taux d’utilisation d’antipsychotiques est plus faible. Cependant, la prise d’antidépresseurs est en hausse, bien qu’il ne soit pas possible d’établir s’il s’agit d’une substitution.
Un examen plus détaillé, y compris des médicaments comme la trazodone, est en cours; il aidera à savoir s’il y a substitution de médicaments.
Réduire l’utilisation inappropriée
Quelles approches non pharmacologiques sont efficaces?
Plusieurs solutions peuvent remplacer les antipsychotiques :
- Reconnaître les déclencheurs des comportements perturbateurs, comme la douleur, la faim ou la surstimulation, et intervenir sur ces derniers.
- Utiliser des techniques d’apaisement, comme la musicothérapie ou la création d’environnements rassurants.
- Améliorer la communication en utilisant un langage simple et des indices non verbaux.
- Proposer des activités suscitant l’intérêt pour réduire l’ennui et l’agitation.
- Comprendre l’histoire, les préférences et les forces de la résidente ou du résident.
- Offrir au personnel et aux aidantes et aidants familiaux une formation sur les approches individualisées des soins.
Quels éléments sont nécessaires à la bonne mise en œuvre de ces approches?
Pour bien mettre en œuvre des stratégies non pharmacologiques, il faut :
- former et éduquer le personnel;
- prendre le temps d’évaluer et de surveiller les comportements des résidentes et résidents;
- préparer des plans de soins centrés sur la personne et adaptés aux besoins individuels;
- pouvoir compter sur un leadership axé sur le soutien et des ressources adéquates;
- faire intervenir la famille ou les mandataires, le cas échéant.
Que puis-je faire si je veux commencer? Par où commencer?
- Examinez vos résultats les plus récents en matière d’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques avec des membres du personnel et des médecins de votre établissement, y compris des cadres supérieurs. Existe-t-il une volonté commune d’améliorer ensemble vos résultats? Si oui, passez à l’étape 2!
- Créez un groupe de travail avec les personnes intéressées, en veillant à y inclure au moins une représentante ou un représentant des groupes suivants : médecins, personnel infirmier, pharmaciens, aides-soignants et responsables opérationnels.
- Accédez aux ressources disponibles afin d’identifier un groupe de résidentes et résidents pour vos interventions ciblées et votre évaluation. Vous pouvez par exemple accéder au programme Impulser le changement d’Excellence en santé Canada et, pour les résidents de l’Ontario, au programme de l’ISMP Canada.